
Nos étoiles contraires — John Green — Éditions Nathan — 16 € 90
En commençant ce livre, je me suis dit : « Chouette ! Enfin un best-seller qui parle d’un sujet réaliste ». Je m’attendais à un histoire touchante, au réalisme frappant, qui m’aurait rapprochée de tous les adolescents qui souffrent du cancer. Et qu’est-ce qu’on m’a servi ? Une histoire romantique à souhait, racontée par une adolescente persuadée de détenir LA vérité, parsemée de références littéraires fictives.
Le scénario de John Green n’était pas mauvais à la base. Hazel Grace Lancaster est atteinte d’un cancer des poumons et, lors du groupe de soutien pour les adolescents cancéreux, elle rencontre Augustus Waters, en rémission depuis quelques mois. Une histoire d’amour se créé entre eux, un amour au-dessus duquel plane la mort. Mais comment cette histoire est-elle racontée ? À la première personne, du point de vue de Grace, qui semble vouloir émouvoir le lecteur par son attitude "je ne m'apitoie pas sur mon sort", un moyen détourné et je trouve écrit de manière totalement exagérée par John Green. Touchant, cet amour naissant, dangereux, leurs sentiments passionnés, mais pourquoi mettre ces paroles dans la bouche d’adolescents de 16 et 17 ans (Attention, je ne dis pas qu’un adolescent de 16 ans ne peut pas avoir d’opinions philosophiques, au contraire ! Mais personne ne parle comme eux dans la vie courante) ? Pourquoi faire intervenir cette histoire d’auteur qu’ils rencontrent lors de leur voyage à Amsterdam ? Cet épisode m’a particulièrement énervée : chaque enfant atteint du cancer a le droit d’exaucer un de ses souhaits, qui est financé par une association. Augustus décide d’utiliser le sien pour se rendre à Amsterdam avec Grace afin qu’elle rencontre son auteur favori, Peter Van Houten. Mais la rencontre se passe mal et l’auteur est exécrable. Alors Grace le traite de tous les noms, renverse son verre dans un geste d’humeur et s’en va. Mais… qu’est-il donc passé pas la tête de John Green ? Depuis quand c’est si simple de rencontrer un auteur aussi célèbre ? Depuis quand les adolescentes comme Grace, aussi odieux soit leur interlocuteur, se voient l’insulter et le brusquer sans se faire réprimander ? Et ça ne s’arrête pas là. Peter Van Houten réapparaît à la fin du livre et se fait traiter de la même manière, sans que les parents de Grace ne bronchent. Elle est malade, d’accord, mais ça ne veut pas dire qu’elle peut parler aux gens de cette manière, si ? Grace finit par prendre en pitié l’écrivain en se disant qu’elle y est peut-être allée un peu fort et leurs adieux sont emplis d’espoir et d’empathie.
Et puis il y a Une impériale affliction. Ce livre, c’est la bible de Grace, c’est l’oeuvre de Peter Van Houten. Livre fictif, tout comme l’écrivain, que l’héroïne vénère tout au long du roman. John Green s’auto-glorifie en faisant dire à Grace : « Oh ! Comme cette histoire est vraie ! Comme il a raison ! » en y insérant des citations du fameux livre — et ce livre a été imaginé par … ? Je vous le donne en mile : John Green. Mais alors, encore un énorme Pourquoi ? s’impose lorsqu’on ressort de la lecture de Nos étoiles contraires. Pourquoi n’avoir pas écrit Une impériale affliction ? Le roman possède déjà un titre accrocheur, une histoire émouvante et une fin originale — le roman se finit en plein milieu d’une phrase, ce qui laisse entendre qu’Anna, l’héroïne, a succombé au cancer. Alors pourquoi avoir écrit Nos étoiles contraires, une histoire rendue si fade par la psychologie de ses personnages et par son absence de réalisme, et pas Une impériale affliction, qui aurait pu constituer une oeuvre de bien meilleure qualité ? Voilà mon avis personnel sur Nos étoiles contraires; je n’ai vu aucune critique négative sur ce livre sur Internet et j’ai été étonnée, parce que ce livre m’a vraiment déçue.