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Poèmes d'amour 2013-2014

Un an a passé

L’automne est revenu

Une vie collante s’est attachée à moi.

Ne vivant plus d’amour,

Ne vivant plus de rien,

Je me lasse et me traîne.

Mon cœur a refermé ses portes

Sur un sinistre tableau de feu

Il ne laissera plus entrer quiconque.

 

Une douceur cependant

A réussi à s’infiltrer au sein de mon âme

Comblant mes passions d’un simple regard

Moi qui fus devenue patiente

J’ai trop longtemps résisté

Jusqu’à ce qu’un rapace emporte ma proie sous mes yeux.

Et maintenant,

Les yeux fixés sur sa nuque charmante,

Je me maudis.

Je ne pense plus avec mon cœur

Je pense avec mon âme.

Un bouclier froid a achevé de me tenir à l’écart.

Ouverte de l’extérieur

Close de l’intérieur

Je joue de miroirs.

 

Si seulement...

Si seulement un jour

L’un avait répondu à mon appel

Si seulement j’avais

Mûri un peu plus tôt

Si seulement ma vie

N’était pas de glace.

 

Le façonnage de mon bouclier achevé,

J’ai pu vivre entourée d’un étonnant calme

La sagesse ancrée en moi,

Les regards pétillant enfin

J’ai recouvré ma liberté.

 

Mais le froid s’est insinué en moi

Il s’est attaché à ma peau,

M’a rendue grelottante

Comme un vent d’hiver qui pénètre les vêtements.

Ce froid a pénétré mes os

Il a pénétré ma chair

Il a pénétré mon âme

M’a rendue de glace

M’a craché au visage

Cette haine contenue

Jouant avec mes peines

Jouant avec mon corps.

 

Je suis rongée de l’intérieur

Par ma haine du genre humain

Tant de souffrances en si peu d’années

Tant de questions dans un si frêle corps

Manipulée par mes démons

Je suis.

Je suis telle un chien suivant son maître.

Je suis telle une femme suivant la mode.

Je suis telle un mouton suivant son berger.

Je suis.

Je suis le genre humain

Son égoïsme, ses pensées

Ses rires et ses querelles.

Je ris comme eux

Je parle comme eux

Je vis comme eux

Malgré tous mes cris de désespoir

Mes freins poussés à bout

Je suis, et le dois

Car pour survivre en ce monde

Penser n’est pas l’atout idéal.

 

J’avais trouvé le parfait amour.

Celui qui ne fait pas souffrir le cœur.

L’amour subtil et pénétrant

L’amour juteux et fin.

Celui qui bloque le souffle

Qui procure d’imperceptibles frémissements.

Il est toujours présent, quelque part.

Chaque cicatrice a son histoire.

Lorsque je Le vois dans la rue

Ma plaie toute fraîche se déchire

Mes pensées se déchaînent.

Mais cet amour-là est bien révolu.

Ce fut une passion d’adolescente

Une passion fougueuse et imprévisible.

Mon corps appartient désormais à la candeur pure

À la douceur même

J’ai nommé;

Celui qui a valsé avec une autre tandis que le goût amer de la déception emplissait ma bouche

Celui qui se penche délicatement vers son interlocuteur,

Les sourcils froncés, l’oreille attentive

Celui qui représente à lui seul la gentillesse, la bonhomie et la paix.

Celui qui est simple. Sa simplicité le rend beau.

À chaque battement de mes cils, il m’apparaît plus sage.

Je te souhaite tout le bonheur du monde.

Reste l’adorable homme que tu es

Peu importe qui te tiendra la main.

 

Ses cheveux coupés courts

D’une jolie couleur brune

Son teint de pêche

Ses membres de pantin voûté

Ses gestes sûrs et bienveillants

Ses sourcils froncés

Son oreille attentive

Ses doux mouvements de tête

Son long cou rose et tendu

Ses yeux profonds

Son regard pénétrant

Sa parole au bord des lèvres

Sa prononciation brumeuse

Sa voix tout juste grave et bourdonnante

Son front ample et plissé.

Dans le trio des exquis jeunes mâles,

Il est la peluche,

Mon préféré.

Si je devais dire à quel point il me semble parfait

Les plus subtils mots ne me feraient pas taire.

Mais sa perfection me laisse de marbre,

Le dévorant seulement des yeux,

Je ne m’enflamme qu’en face des impuretés.

Car il est pur,

Candide,

C’est un enfant dans un corps d’homme

Bien qu’il soit si mûr.

Son sourire me fait fondre,

Son rire me heurte l’âme.

Je me délecte de sa vision :

Dans mon idéal ce fut moi qu’il entourait de son amour

En exaltation dans les bras de Morphée,

Je me refusais à soulever les paupières

Et à combattre la réalité de front.

Bien que l’espoir fasse vivre,

 

Il ne rassasie point.

 

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